Evolutions 2021 de la prévoyance vieillesse

Evolutions 2021 de la prévoyance vieillesse

août 26, 2021 0 Par Redaction

Roxane Ecoffey
Senior Wealth Manager

Evolutions 2021

Pour certains, un fonds de pension est synonyme d’une retraite et par corollaire d’un événement tellement lointain qu’ils ne s’y intéressent pas du tout. Pour d’autres, une transition professionnelle est en cours et les inquiétudes quant à son impact sur les prestations assurées prend davantage de place dans leur esprit. Indépendamment de ces états de fait, la complexité à comprendre tous les éléments relatifs au système des trois piliers suisses est souvent citée. Il est évident que chacun aspire à profiter d’une retraite confortable après un parcours professionnel quel qu’il soit. Toutefois, pour que cela se produise effectivement, le thème de la prévoyance ne devrait pas être mis de côté au profit d’autres préoccupations.
Dans ce contexte, 2021 est une année d’évolution pour notre système de prévoyance vieillesse tant sur le plan des prestations et politique.

En effet, dans le cadre de la prévoyance étatique, une légère hausse des rentes AVS a été effectuée, passant de
CHF 28’440 à CHF 28’680 par an pour une personne seule. Gardons toutefois à l’esprit qu’il s’agit là du montant maximal qu’un retraité peut recevoir. Une lacune de cotisations auprès de l’AVS impacte ledit montant. Demander un extrait de sa situation auprès de sa caisse de compensation peut s’avérer utile après 50 ans, afin d’analyser si une rente pleine ou partielle peut être attendue à la retraite. Au niveau des couples mariés, il n’y a pas de changement : leur rente est toujours plafonnée à 150 % de la rente maximale individuelle.

Par ailleurs, au niveau du projet de réforme de l’AVS, le Parlement fédéral a récemment validé l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans. Ce sujet est donc à suivre de près à l’avenir, car malgré les mesures de compensation de six ans prévues pour la génération transitoire, et l’augmentation conséquente des cotisations dans les caisses de l’AVS qui s’élèverait à CHF 1 milliard par an d’ici 2030, il générera de vives réactions, tant parmi la population suisse que dans les différents partis politiques. Le dossier est actuellement dans les mains du Conseil des Etats et le projet sera peut-être soumis au peuple pour votation.

Au niveau de la prévoyance professionnelle, la tendance est identique aux années précédentes : les taux techniques baissent tout comme les taux de conversion. Concrètement, à capital égal à l’âge de la retraite, une personne touchera moins d’argent lorsque son avoir sera converti en rente viagère. Avec des performances plus faibles d’un côté, mais également des provisions et des engagements en hausse de l’autre, les caisses de pension se montrent de plus en plus flexibles à la prise du capital de prévoyance à la retraite. A titre individuel, cette tendance est une opportunité d’investissements et de capitalisation pour les uns, mais à contrario un stress de la gestion de leurs avoirs pour certains assurés. Toucher son capital se prépare plusieurs mois voire années à l’avance, tant pour planifier ses besoins et dépenses, que pour respecter les délais règlementaires de la caisse de pension.

2021 amène une grande nouveauté au niveau de la loi : l’article 47a LPP permet aux assurés licenciés après 58 ans, ou 55 si le règlement le prévoit, de rester affiliés au sein de leur dernière caisse de pension, sous certaines conditions. Attendre quelques années avant de prendre officiellement sa retraite permet premièrement d’augmenter son capital, par la performance et par les cotisations, deuxièmement de maintenir son assurance risque, et finalement de pouvoir bénéficier d’un taux de conversion plus favorable.

Quant à la prévoyance individuelle, le montant maximal déductible annuellement a légèrement augmenté, passant de CHF 6’826 à 6’883 pour les salariés, et de CHF 34’128 à 34’416 pour les indépendants non affiliés à une caisse de pension. Une mesure très attendue serait la possibilité d’effectuer des rachats et des remboursements au sein du 3ème pilier. En effet, comme la conjonction entre 1er et 2ème pilier ne suffit globalement plus pour couvrir le 60 % de leur niveau de vie antérieur, les preneurs de prévoyance doivent se responsabiliser pour se constituer un capital supplémentaire à la retraite via le 3ème pilier.

En conclusion, le système des trois piliers s’adapte à l’évolution sociétale et économique, mais la thématique est sensible sous l’angle social et politique. La responsabilité de chacun est engagée, il est ainsi primordial de savoir prendre en main sa situation personnelle afin d’être en mesure d’appliquer les décisions les plus adéquates pour le maintien de ses prestations.

Roxane Ecoffey
Au bénéfice d’un master en gestion d’entreprise et d’un brevet fédéral en prévoyance professionnelle, Roxane Ecoffey est responsable des solutions patrimoniales auprès de la Banque Gonet & Cie qu’elle a rejoint en novembre 2017. Elle est en outre vice-Présidente depuis 2018 du Conseil de la plateforme de prévoyance lemania-pension hub. Roxane Ecoffey est également membre des Conseils de fondation de la Caisse de Pension du Groupe Gonet et de la Fondation pour Cadres et Dirigeants d’Entreprise. Précédemment, elle a été active de 2010 à 2017 auprès des banques Lombard Odier et Pictet dans le domaine de la prévoyance professionnelle et des ressources humaines.