Marché africain

Marché africain

mai 12, 2021 1 Par Redaction

Aurélie Pujo
Associée Senior
Membre du Comité Exécutif
Amethis

Khady Koné Dicoh
Associée
Amethis

L’Afrique démontre sa capacité de résilience : La forte croissance attendue en Afrique est une opportunité pour des investisseurs qui cherchent à associer performance financière et extra-financière

Comme partout ailleurs dans le monde, l’ensemble des économies africaines a été touché par la crise de la Covid-19. La paralysie des échanges depuis mi-mars 2020 a particulièrement impacté les pays les plus dépendants des flux internationaux, des matières premières et du tourisme.
Cependant, dès l’été 2020, la reprise de l’activité économique s’est imposée dans la plupart des pays du continent, et en particulier dans ceux présentant des économies diversifiées dont la croissance est soutenue par les services, et par l’émergence d’une nouvelle classe moyenne.
Selon les prévisions plutôt conservatrices de la Banque africaine de développement (BAD), l’Afrique, contrairement aux autres continents, devrait connaître un rebond économique en 2021 et 2022 avec des taux de croissance positifs d’environ 3,4%. La BAD prévoit également des reprises économiques fortes pour les pays dépendants du tourisme comme le Maroc ou la Tunisie qui pourraient connaître une croissance de 6,2% en 2021. D’autres pays, dont l’économie est diversifiée, sont parvenus à maintenir une croissance positive en 2020, comme l’Ethiopie ou la Côte d’Ivoire et pourraient connaître une croissance de 4,1% de leur PIB cette année.
Cette crise a ainsi mis en lumière la capacité de résilience de l’Afrique et sa décorrélation des chocs qui touchent le reste de l’économie mondiale. Elle renforce également certains avantages comparatifs du continent face aux intentions grandissantes des gouvernements et entreprises européens de réduire leur forte dépendance à l’Asie, qui a été récemment exacerbée par la crise sanitaire et par la guerre commerciale.
Une tendance qui pourrait conduire, à moyen-terme, à une nouvelle dynamique de régionalisation des échanges, renforçant un axe Europe-Afrique, notamment au niveau des chaînes logistiques. Dans ce contexte, l’Afrique du Nord dispose de nombreux atouts pour s’imposer comme un hub stratégique régional.

Le rôle du capital-investissement dans le tissu de PMEs local

Alors que certains pays d’Afrique commencent à rapidement moderniser leurs services publics, le rôle du secteur privé demeure essentiel à la croissance de l’économie africaine et à la création d’emplois. Pour les acteurs du capital-investissement, le marché africain est tiré par des tendances fortes : la croissance de la population – en particulier urbaine – l’émergence d’une classe moyenne et l’intégration du commerce intra-africain.
La stratégie qui consiste à prendre des participations minoritaires dans des PMEs locales, souvent à l’actionnariat familial, bien implantées sur leurs marchés avec des perspectives d’expansion régionale permet de soutenir la croissance africaine. Un réel partenariat se crée alors avec les entreprises financées autour d’un business plan défini conjointement. La proximité avec les dirigeants de ces sociétés, leur accompagnement de proximité et la mise en place de réseaux locaux solides sont des éléments clés de réussite en Afrique. Dans le cas d’Amethis par exemple, l’implantation de bureaux localisés à proximité des sociétés accompagnées à Abidjan, Nairobi ou Casablanca est complétée par des bureaux en Europe et un partenariat avec Edmond de Rothschild, permettant de créer des ponts entre les deux continents et d’offrir davantage d’opportunités et de synergies.

Futurs fers de lance de la croissance africaine

Il est important de favoriser l’émergence d’acteurs de financement du secteur privé et de sensibiliser les investisseurs aux investissements sur le continent. Ces dernières années ont vu se créer de nouveaux fonds s’intéressant au continent africain, même si le nombre d’acteurs sur ce segment reste encore limité. En mobilisant des capitaux, ces fonds soutiennent le développement des économies locales, et jouent aussi un rôle de catalyseur pour le financement du développement de l’Afrique en démontrant la rentabilité des entreprises de la région.
Depuis sa création en 2012, le fonds Amethis, véhicule pionnier de l’investissement en Afrique, a levé 725 millions d’euros sur des stratégies africaines et ce, sans compter les montants levés en co-investissements. Ceci démontre que l’Afrique attire désormais des investisseurs privés sur un territoire habituellement occupé par les institutions de financement du développement. Aujourd’hui, plus de 70% des montants levés par Amethis proviennent d’investisseurs privés. Ces apports contribuent aussi à mobiliser des capitaux directement auprès des PMEs locales en invitant des partenaires à rejoindre certaines opérations sous la forme de co-investissements (190 millions d’euros ont été co-investis par exemple par le fonds Amethis depuis 2012).
La position d’investisseur en Afrique s’accompagne d’une responsabilité forte quant à l’impact généré à travers les sociétés financées. Investir en Afrique, c’est avant tout soutenir l’économie locale en mettant à disposition des populations des biens et services produits dans le respect des normes environnementales et sociétales, tout en agissant pour l’amélioration des conditions de travail dans des économies encore trop informelles.

L’enjeu essentiel de la gouvernance dans les PME africaines

Toutes les entreprises familiales à travers le monde vivent tôt ou tard le défi d’une transition vers plus d’institutionnalisation et moins de dépendance aux fondateurs. Ces enjeux sont souvent accentués en Afrique en raison de résistances culturelles, comme notamment le fort respect des « anciens » qui a indéniablement ses mérites mais peut rendre ces changements parfois compliqués. Ainsi, de nombreuses entreprises souffrent encore d’un déficit en matière de gouvernance.
Amethis a ainsi réalisé de nombreux investissements au sein d’entreprises familiales au moment où elles opéraient une transition managériale et/ou patrimoniale. Convaincus que le renforcement de la gouvernance est un levier essentiel de croissance et un gage de confiance pour les investisseurs, les équipes d’Amethis accompagnent ces partenaires vers plus de transparence et de partage dans la prise de décision pour une plus grande pérennité pour les entreprises.
Ainsi, il est souvent nécessaire d’assurer la mise en place ou de la refonte des processus décisionnels pour garantir une gouvernance robuste, et de définir et implémenter les politiques de lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption. L’intégration de membres indépendants au sein des instances de direction constitue par ailleurs une opportunité d’échange et de création de valeur. Lorsque cela est nécessaire, en plus du Conseil d’administration, des comités permettant d’objectiver les prises de décision sont constitués.

La question de la parité dans les entreprises et de l’entrepreneuriat en Afrique

Investir en Afrique, c’est avant tout soutenir l’économie locale en mettant à disposition des populations des biens et services produits dans le respect des normes environnementales et sociétales. C’est aussi promouvoir l’amélioration des conditions de travail dans des économies encore trop informelles en participant notamment à l’autonomisation économique des femmes à travers une gouvernance favorable à l’égalité des sexes au plus haut niveau de l’entreprise et en favorisant la santé et la sécurité des femmes et des hommes au travail. Les enjeux de développement étant fortement liés au contexte social et environnemental, Amethis intègre dans sa stratégie le suivi et la mesure de ses impacts ainsi que la gestion des risques. Cette approche d’investissement responsable est appliquée tout au long de la vie du fonds, de l’évaluation des projets à la cession.
En démontrant qu’il est possible d’investir dans des entreprises performantes de façon responsable, Amethis joue un rôle de catalyseur de l’épargne européenne et africaine en faveur du financement du développement des entreprises africaines. A titre illustratif, Amethis a investi dans Sodigaz, une société au Burkina dans la distribution de gaz à destination des ménages. La société est au cœur de la lutte contre la déforestation dans ce pays sahélien et la préservation de la santé des femmes de la fumée toxique du charbon de bois traditionnellement utilisé par les ménages. Sodigaz emploie près de 350 personnes et fait vivre un réseau de revendeurs de plus de 2200 petits commerçants. La société réalise de belles performances avec une croissance annuelle de son chiffre d’affaires de 12% sur les quatre dernières années et 65% de part de marché. A notre entrée au capital de Sodigaz, nous avons soutenu la transition managériale et patrimoniale du fondateur à sa fille et appuyé son leadership en tant que directrice générale. Nous avons également favorisé le recrutement de talents féminins et l’entreprise compte aujourd’hui 50% de femmes dans le top management et 50% de femmes à son conseil d’administration grâce à une politique de recrutement basé sur la recherche de compétences, de valeurs et l’égalité hommes-femmes.
Les entreprises soutenues par Amethis emploient environ 18 000 personnes, dont environ 35% de femmes. Une majorité d’entre elles bénéficient d’une couverture santé. Les entreprises financées contribuent également aux revenus des Etats via la fiscalité ou encore à l’inclusion financière au travers de solutions sur mesure proposées par nos banques à plus de 165 000 clients défavorisés.

La marche à suivre

Le soutien aux PME africaines par des capitaux privés sera le moteur de la croissance africaine de demain. Les économies africaines déjà diversifiées présentent des opportunités de premier ordre et bénéficieront rapidement des relocalisations, de la digitalisation rapide du continent, du développement des énergies renouvelables, et de l’avènement d’une classe moyenne active et urbaine. Ceci ne doit pas faire oublier l’importance de mettre en place un accompagnement ESG de qualité afin de permettre à ces sociétés de se développer harmonieusement et dans l’intérêt des communautés locales tout en respectant leur environnement.

Amethis chiffres clés
Fondée en 2012 en partenariat avec Edmond de Rothschild, Amethis est un fonds pionnier du Private Equity en Afrique.

  • Fonds qui allie un accompagnement en capital, en management ESG et en suivi des impacts de toutes les sociétés soutenues
  • Amethis fait partie de la plateforme de stratégies de conviction d’Edmond de Rothschild Private Equity et bénéficie de son réseau international
  • Bureaux Amethis : Casablanca, Nairobi, Abidjan, Paris, Luxembourg
  • Pays dans lesquels Amethis investit: Maroc, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Nigéria, Kenya, Mozambique, Tunisie, Ghana, Maurice, Sénégal
  • Nombre de sociétés soutenues : 27 (investissements recents)
  • Secteurs : Agro-alimentaire, distribution, santé, services financiers, transport et logistique
  • Nombres de salariés chez Amethis : 37
  • Nombres de salariés dans les sociétés soutenues par Amethis en Afrique : 3 377
  • Actifs sous gestion : 725m¤

Aurélie Pujo
Membre du Comité Exécutif
Associée Senior
Amethis

Aurélie Pujo est Associée Senior et Secrétaire Générale chez Amethis. Elle est basée à Abidjan.
Mme Pujo est membre du comité exécutif d’Amethis qui supervise les activités et les investissements de la société. Elle est membre des conseils d’administration des entités de gestion et de conseil des fonds. Elle assure un soutien juridique à toutes les activités d’investissements : les nouveaux investissements, le suivi de portefeuille, la structuration des fonds et des véhicules d’investissements, ainsi que la gestion des questions de conformité. Elle est aussi responsable de la communication et de la relation avec les investisseurs. Mme Pujo est membre du conseil d’administration de PetroIvoire (Côte d’Ivoire), de Novamed (Côte d’Ivoire), et d’Amethis West Africa.
Avant de rejoindre Amethis en 2013, Mme Pujo était « Principal Counsel » basée à Tunis chez Emerging Capital Partners (ECP), un fonds de private equity panafricain, où elle était en charge d’assurer le soutien juridique aux activités d’investissements en Afrique et dans la région MENA. Auparavant, elle était avocate pour White&Case à Paris en énergie, infrastructures et financement de projet et a travaillé pour Herbert Smith à Paris et à Shanghai.
Mme Pujo a été admise au Barreau de Paris en 2005 et a effectué un DESS-DJCE en droit international des affaires auprès de l’Institut de Droit des Affaires d’Aix-en-Provence, et a obtenu une maîtrise de droit international (option droit gazier et pétrolier) auprès de l’université de Norman Law School (Oklahoma, Etats-Unis). Mme Pujo a aussi obtenu un Executive MBA de HEC Paris. Elle est de nationalité française.

Khady Koné Dicoh
Associée
Amethis

Khady Koné-Dicoh a grandi en Côte d’Ivoire. Elle a 15 ans d’expérience dans le domaine du capital-investissement et de la banque d’investissement en Afrique et en Europe.
Elle a rejoint Amethis il y a 8 ans et a dirigé 5 investissements et désinvestissements pour la société, y compris l’investissement et la sortie de la plus grande chaîne de supermarchés de Côte d’Ivoire, CDCI ; l’investissement dans le premier distributeur de bouteilles de gaz au Burkina Faso, Sodigaz ; l’investissement dans la société de logistique Velogic ; et celui dans la société d’hôtellerie et de loisirs à Maurice, VLH. Elle siège aux conseils d’administration de ces sociétés. Khady est notamment chargée du sourcing, de l’analyse de projets, ainsi que de la supervision des due diligences et de la direction des équipes en charge de l’exécution des transactions, Khady est responsable de l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Australe pour Amethis.
Avant de rejoindre Amethis, Khady était Manager dans de l’équipe Fusions et Acquisitions de la Société Générale. Pendant 7 ans, elle a conseillé de nombreuses transactions dans les secteurs des télécommunications, de la santé, des produits de grande consommation et de l’hôtellerie dans toute l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, tant pour des acteurs stratégiques que pour des fonds de capital-investissement.

Khady est titulaire d’un Master of Science in Management de l’EM Lyon Business School et d’un Master en droit des affaires de l’Université Lyon III. Elle dispose également d’une formation exécutive, Accelerated Development Programme de la London Business School. Khady est de nationalité française et ivoirienne.